En quoi la médiation culturelle a-t-elle influencé mon métier de communicante ?

Entre 2014 et 2017, j’ai effectué énormément de stages en tant que médiatrice culturelle dans des musées tels que la Fondation Vasarely à Aix-en-Provence ou le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) de Marseille. Toutes ces expériences ont un point commun, celui d’avoir influencé mon métier de communicante. De prime abord, nous pouvons penser que la médiation culturelle et la communication n’ont peu voire pas de points communs. Cependant, le fait d’avoir exercé ces deux métiers m’a permis d’identifier des similitudes qui nourrissent aujourd’hui mon travail de freelance en communication digitale.

Dans cet article, je vous propose de confronter deux métiers (médiateur culturel et community manager) afin de mettre en exergue leurs différences et ressemblances et d’expliquer en quoi avoir été médiatrice influence mon métier actuel. 

Médiation culturelle ? Community management ? Quésaco ?

Tout d’abord, définissons les termes de “médiation culturelle” et “community management”. 

La médiation culturelle est un “ensemble de pratiques plus ou moins reconnues, entre certaines offres culturelles et une partie du public à qui elles sont destinées.” 1
Souvent, la médiation culturelle est associée à de l’animation culturelle, mais cela est une toute petite partie de ce que cette discipline englobe. Un médiateur culturel est un intermédiaire entre une œuvre et un public. Son objectif principal est de faciliter la compréhension d’un propos scientifique ou artistique avec un ensemble de pratiques. 

Le premier défi du médiateur va consister à prendre en compte le public auquel il s’adresse, partant de ses acquis, de ses conceptions, de ses intérêts, pour le conduire vers d’autres regards.2
Le médiateur culturel n’est pas dans une démarche descendante qui partirait de “celui qui sait » vers “celui qui ne sait pas”, proche de l’instruction. Au contraire, ce dernier nourrit son discours et/ou son animation en prenant en compte les profils hétérogènes de son groupe de visiteurs. De ce fait, la médiation culturelle permet de s’adresser à une pluralité d’individus, car tous les profils sont considérés.

Le community management signifie “gestionnaire de communauté” en français, partant du principe que cette discipline se réduit à l’animation des communautés sur les réseaux sociaux au nom d’une entreprise, d’un établissement ou d’une marque. Toutefois, tout comme la médiation culturelle, le community management fait partie d’un processus beaucoup plus large aboutissant, entre autres, au développement de la notoriété d’une entité.

Des intermédiaires entre un établissement et un public 

Le community manager (ci-après CM) a pour objectif d’informer et d’animer des communautés sur les réseaux sociaux au nom d’une marque, d’un organisme ou d’un établissement et ce, notamment dans le but d’accroître sa notoriété. Pour cela, le CM crée du contenu qui peut être varié : rédaction de posts sur les réseaux sociaux, organisation de jeux concours, promotion d’événements, création de visuels ou de vidéos, etcetera. 

Le médiateur culturel a quant à lui pour objectif d’informer et d’animer des groupes de visiteurs au sein d’un espace culturel pour faire découvrir un artiste, un courant artistique ou une œuvre. Le médiateur peut être amené à concevoir des outils de médiation et à construire tout un discours qui permet de rendre accessible et attractif le thème abordé pour un ensemble d’individus. La qualité de son intervention a donc un impact sur la compréhension du message transmis.

Le CM et le médiateur culturel se placent comme des intermédiaires entre une information et un public. Ils doivent créer des outils ou du contenu web afin d’informer et d’animer un groupe d’individus. La qualité des messages transmis, que cela soit à des visiteurs d’une exposition ou à des abonnés sur les réseaux sociaux, est importante car elle est le reflet de l’établissement dont fait partie ces derniers. En outre, plus le message est compréhensible et intéressant, plus il y a de chances de capter l’intérêt de l’audience.
En revanche, tandis que le médiateur rencontre physiquement son groupe de visiteurs, le CM n’entretient pas de contact physique avec sa cible. Et, si le message du CM est susceptible d’être perçu instantanément par le plus grand monde, le médiateur s’adresse quant à lui à un groupe restreint sur une plage horaire spécifique.

Le public au centre des préoccupations

Afin de transmettre correctement son message, le community manager doit connaître suffisamment les habitudes des individus qui constituent sa cible. Il doit donc être attentif à leurs besoins, à leurs attentes ou encore à leur manière d’utiliser les réseaux sociaux. C’est pourquoi l’une des missions d’un CM est l’analyse de l’audience et des performances de ses réseaux par le biais de statistiques. Il peut ainsi en apprendre davantage sur sa communauté : sexe et tranche d’âge prépondérants, horaires d’activité…
C’est en prenant en compte ces données que le CM affinera sa manière de communiquer et de s’adresser à sa communauté existante, tout en attirant potentiellement d’autres publics sensibles au même contenu. 

Pour faire le lien entre une œuvre et un public, le médiateur doit aussi adapter sa visite en fonction des personnes qui constituent son groupe de visiteurs. Le contenu de la visite du médiateur diffère donc selon le public auquel il s’adresse  : enfants, adultes néophytes ou connaisseurs.
De plus, le médiateur choisit si sa visite doit être plus ou moins participative en fonction du sujet abordé et des personnes présentes. La vie d’un artiste ou l’histoire d’une œuvre ne s’abordent pas de la manière tant le sujet peut être plus ou moins complexe et dense.
Plusieurs critères sont à prendre en compte dans l’élaboration d’une visite : la typologie des visiteurs, le sujet de l’exposition et le niveau de participation souhaité. Par exemple, pour un groupe d’enfants âgés entre 8 et 12 ans, le médiateur va très certainement adapter sa visite en s’équipant d’outils de médiation en plus d’adopter un rythme de visite ajusté.

Les outils de travail : réseaux sociaux et outils de médiation 

Les réseaux sociaux sont les principaux outils de travail d’un community manager. Or, chaque réseau social ne doit pas être utilisé de la même manière. 
Instagram, TikTok ou Snapchat sont des réseaux sociaux basés principalement sur du contenu visuel (photos, vidéos). Sur Twitter ou Linkedin, on retrouve principalement du contenu texte. 
Chaque réseau social a son propre fonctionnement, ses propres règles et utilisateurs. En partant de ce constat, le CM doit réfléchir à sa stratégie social media en fonction d’un ensemble de paramètres : communauté existante, communauté visée, réseau social utilisé, contenu créé, messages à diffuser.

Comme expliqué précédemment, un médiateur peut être amené à concevoir des outils de médiation afin d’animer et de faire participer le groupe de visiteurs. Les outils de médiation peuvent être variés : des tablettes tactiles permettant de montrer un détail d’une œuvre ou la photo de l’artiste dont il est sujet, des bornes interactives ou des audio-guides. Les outils de médiation, en plus de faire participer le groupe, créent une expérience de visite qui favorise l’interaction entre le propos et le visiteur. Plus un visiteur se sent concerné lors d’une visite, plus il y a de chances qu’il retienne ce qui y est abordé et qu’il prenne du plaisir en l’apprenant.

On fait le point !

Les métiers de community manager et médiateur culturel présentent des ressemblances telles que le devoir de transmission et d’animation. Néanmoins, ils n’évoluent pas avec les mêmes outils au quotidien. 

La communication digitale permet de fédérer et d’attirer un grand nombre de personnes en peu de temps. L’utilisation des réseaux sociaux permet de toucher des personnes qui ignoreraient potentiellement l’existence de la marque ou de l’entreprise dont le CM dépend. Aussi, la communication permet d’aller à la rencontre de communautés à n’importe quelle heure de la journée et n’importe où dans le monde. 

En médiation culturelle, c’est différent. Les visiteurs choisissent de se rendre dans un espace culturel et de participer à une visite animée par un médiateur. Ils se rendent disponibles pour recevoir de l’information. Il s’agit donc d’un choix programmé et délibéré de la part des participants.
Par conséquent, est-ce plus facile de transmettre un message à un public déjà mobilisé ? Je ne suis pas sûre. Garder attentif un groupe de visiteurs sur la durée d’une visite (une heure en moyenne) est un exercice complexe. C’est pourquoi, le métier de médiateur culturel se développe tous les jours, afin de rendre toujours plus accessibles les espaces d’exposition. 

En communication digitale, le challenge est ailleurs. Il faut rester compétitif vis-à-vis de la concurrence. Quand un CM communique sur une marque et crée du contenu en conséquence, il doit rester attentif à la moindre tendance sur les réseaux sociaux afin que sa communication reste attractive et divertissante. 

En étant médiatrice culturelle, j’ai appris à m’adresser à une pluralité de personnes en même temps pour transmettre de l’information. J’ai pu concevoir des outils de médiation permettant d’aborder des sujets parfois complexes de manière divertissante et de rendre les visites davantage collaboratives.
Ces acquis de médiatrice me servent quotidiennement dans l’élaboration d’une campagne de communication. Je ne commence jamais une nouvelle campagne sans me poser les questions suivantes : Quelle est ma cible ? Quels outils dois-je mobiliser ? Quels contenus doivent être créés ? Quel taux de participation est souhaité ? Un ensemble de questions que je me posais déjà en concevant un parcours de visite. 
Et enfin, en tant que freelance en communication digitale, je peux être amenée à utiliser mes outils de community manager pour attirer un public dans un espace d’exposition et promouvoir un circuit de visite créé par un médiateur. Et voilà, la boucle est bouclée ! 

J’espère que grâce à cet article, vous avez peut-être découvert un nouveau métier, celui de médiateur culturel, ou bien encore que vous avez compris toutes les facettes du métier de community manager. Bien évidemment, cette confrontation entre ces deux disciplines découle d’expériences professionnelles qui me sont propres. De plus, je n’ai balayé que quelques aspects des métiers évoqués. Donc, n’hésitez pas à consulter des plateformes spécialisées avec des fiches métiers beaucoup plus fournies si l’un de ces deux métiers vous tente. Vous pouvez également m’écrire si vous avez une question sur mon parcours.

Et vous, quelle est l’expérience professionnelle qui a marqué votre parcours ? 

On se retrouve sur Instagram pour échanger sinon laissez un commentaire 👇

1 CHAUMIER Serge, MAIRESSE François, La médiation culturelle, Paris : A. Colin, DL
2013, cop. 2013.
2 idem


Qui suis-je ?

Je m’appelle Bérénice et suis social media manager. Mon objectif est d’aider divers acteurs de la culture à développer leur notoriété par le biais de la communication digitale.

Au quotidien, j’élabore des stratégies social media, je crée du contenu sur les réseaux sociaux et les sites internet, j’analyse les audiences et les indices de performances afin d’affiner la stratégie de communication. 

Je suis également amenée à conseiller, former et accompagner des entrepreneurs qui souhaitent devenir autonomes sur les réseaux sociaux. Grâce à des coachings personnalisés, je contribue au développement de leur activité d’entrepreneur. 

Et enfin, j’écris des articles sur les sujets qui me passionnent avec “J’peux pas, j’ai musée”. Je partage aussi ma vie de freelance et des conseils et astuces en communication digitale et marketing de contenu.

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